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Vide - ordures .

Roads. Escape. Zoé.

le 16/06/2010 à 04h48





Et merde.


J'ai l'impression que je vais tout rater. Je sais pas pourquoi, il n'y a rien, vraiment, qui ne va pas en ce moment. Et pourtant j'ai la sensation que tout m'échappe encore. J'imagine des choses que je n'aurais jamais cru pouvoir concevoir. Toutes les connexions synaptiques se créent, il me semble, suite à une émotion quelconque, au départ j'entends. Je suis peut être au début de quelque chose puisque tout se bouscule et fourmille. Je me sens sereine, je fais des choses et d'autres. Je peux faire ça longtemps. Mais j'ai la peur au fond de moi. Cette peur, profonde comme jamais. Cette peur grandissante. J'espère qu'elle se taise un jour, bien qu'elle m'anime d'un véritable besoin de me surpasser. Je suis submergée d'idées que je rêve de formuler quelque part, quelque part que je sais pourtant n'être nulle part. Je ne peux pas remettre à plus tard. Et c'est ce que je fais depuis des années. Parfois je me sens incontrôlable. Et pourtant je reste consciente. Je rentre, j'arrête tout, et j'attends, parce que je ne sais pas quoi dire au fond. J'ai besoin de me dédoubler. Et tout m'échappe à nouveau. Je suis vouée à ne voir qu'à travers vous. J'imagine. Quelques mots, pénètrent la pensée, vibrent sous mes pas. Décadence. Murmure, murmure ces dernières notes qui vacillent. Blessure. Je ne pleure plus, je ne pleure pas, je hurle. Passion ? Soupir. J'aimerai. Sur-conscience sur fond d'insouciance. J'ai cru un million de fois, déçu un million de fois. J'ai adopté la mansuétude, et j'ai reçu peu. Et j'ai adopté la procrastination, et je suis resté scotcher sur mon banc, toutes les journées de ces putains d'années. Maintenant, je ne demande qu'une place seconde classe dans le plus pourri des avions, sans destination précise. Le désir profond d'atterrir ailleurs.


Je tourne les pages, je les déchire, j'arrache les bords et je crache dessus, je verse la couleur et plante le crayon au milieu, les mots explosent, les formes se perdent. Et je recommence.


Baudelaire serait schizophrène. Et les films de Kusturica. Et ça.



En ce moment je fais toujours le même rêve. Rêve, qui mêle souvenirs et imaginaire. Dans mon rêve, il y a de la neige fondue sur sa joue, elle pleure un peu aussi je crois. Mais elle se retient, elle veut pas craquer devant moi. Alors elle me fait un large sourire, des perles aux yeux. Et il y a cette boule lumineuse qui tourbillonne, et ces étoiles rouges et bleues qui dansent. Il neige, et je peux distinguer chaque flocons. Voir pour chacun leurs différences et leur fragilité. On devrait vivre comme eux, toujours unique, en une longue chute, virevolter dans les airs, et se poser enfin, délicatement, sur un amas de neige, et ne faire plus qu'un avec elle. En une osmose. Le ciel est bleu. Juste quelques lacets blancs l'entachent, ces traînées d'avion gribouillent la feuille. Il y a cette vieille femme qui me parle bizarrement, et qui m'dit avec un ton grave que j'suis malade. Alors je vais partir on m'a dit, avec des gens comme moi, on m'a dit, parce que je serais toujours différent de tout le monde moi, on m'a dit, on m'a dit que ça serait pas facile pour moi. Et moi je suis devant cet étrange petit écran noir. Où il y a une petite forme qui gesticule sur une sorte de radar, comme dans les sous-marins des films. C'est mon petit frère qui arrive. Je bouillonne. Même si sur ma face il n'y a que cette grimace qui tente d'être un sourire. Mais il meurt, là. Je sens déjà mon esprit se détacher peu à peu de mon corps. J'arrive à l'école. Un enfant de mon âge arrive sur moi, il a une tête bizarre, et un immense sourire qui va presque jusqu'aux oreilles. Il me regarde avec ses petits yeux en amande. Ils pétillent. Il se présente : « Moi c'est Julien. » et il m'enserre dans ses gros bras, et il me tapote dans le dos, en rigolant par à-coups, et malgré toute son affection, je ne suis pas à l'aise, son corps est contre le mien, et ça me fait mal, ça m'arrache de mes pensées. La maîtresse parle de lettres et de chiffres, d'animaux et de formes, mais moi je suis collée à la vitre de la fenêtre. Je regarde les flocons qui dansent. Je frotte ma main gauche à celle de droite. La droite est gelée, elle ne tremble pas nerveusement comme l'autre, non, elle ne ressent plus aucune sensation. Insensible est l'adjectif qu'il convient pour la qualifier. Alors je la passe lentement à travers mes cheveux. C'est comme si je traversais avec elle un champs de blé, où chaque brin s'écarte avec harmonie. Avec cette pieuvre de phalanges, j'attrape ma boite à ivresse. C'est ici que je cache chaque outil, chaque ustensile pour plonger dans mon inconscient. Je bascule. Des images affluent, mon cortex est en ébullition. Ma perception est bancale, et tangue comme une petite barque en rythme sur la houle. Je vois cet arbre-maison. Et des flocons de sang qui s'en détachent. Et tournoient en l'air. Je les recueille en ma paume. Ils fondent aussitôt comme un bonbon acidulé sur la langue. Il y a un visage incrusté dans l'écorce de l'arbre-maison. Sa bouche est béante. À travers son haleine brumeuse, quelques petits écureuils roux sautillent vers l'extérieur. Ses yeux, bleus turquoises, me sondent. Ma main gauche recommence à trembler. Et quelques taches clignotent furtivement devant mon œil droit. Un vent murmure dans mon dos, me pousse, me porte presque. Mes pieds glissent doucement vers l'arbre-maison. La peur est présente. Je résiste. J'obéis presque par impuissance. Je ne contrôle rien. Je me calme. Je sais que tout ça n'est pas réel. Tout ça n'est que fantasmagorie. Freud décrirait ça comme un délire, une hallucination, un rêve éveillé que broderait mon subconscient. Mais j'emmerde Freud, Freud ne se droguait pas. Freud renierait toutes ses thèses sur la psychologie humaine, s'il était là à côté de moi. J'entre. Je me recroqueville en un fœtus maladroit. Et je tombe. J'ai peur. Je ne vois rien. Et puis j'ai le vertige, j'ai toujours eu le vertige, ce putain de vertige, qui me crispe chaque nerf, chaque muscle, chaque organe, tout se compresse, tout s'obstrue, c'est comme si l'instant du vertige me donnait la sensation de n'être qu'une douleur. La chute est longue. Je crie mais le bruit n'existe pas ici. Les décibels restent dans ma gorge. Et un grand flash lumineux, m'éblouit, m'aveugle. Je sens l'impact arriver. Ça y est je suis contre du dur. Mon dos est en bouillie, mais je suis encore en vie, je crois. Je suis sur de l'herbe mauve. Moi, c'est Julien. 

 

 

You are scum, you are scum..

le 04/04/2010 à 12h00

 

« Il n'y a pas d'amour heureux », t'entends ? Tu comprends ? Au delà de tes raisonnements mièvres et manichéens, tu réalises ? D'ailleurs le mot heureux n'existe que dans nos fantasmagories. Je vous arrête tout de suite, j'suis pas dépressive, ni pessimiste, aisé est de coller des étiquettes sur des têtes, fixez-en donc sur la vôtre, vous verrez comme c'est si peu comique, quand la boue et la réduction vous touche de plus près.

Il y a pas d'idéal qui vaut la peine, tout foire quand on veut que tout soit parfait, tout foire quand on veut être heureux. Ah oui, il y a les microcosmes illusoires, où l'on se dorlote de petits cœurs, et de colombes super blanches grâce à Ariel et notre machine à laver payée sur 6 mois, dans notre cuisine toute équipée, pour laquelle on s'est endetté quatre saisons fois dix. Mais regarde autour de nous putain, il y a que des divorces, des frigos vides, des parents paumés, des obèses et des anorexiques, tout part en couilles, monde carré, à l'envers, calé entre deux pages publicitaires. J'veux de la poésie, pas de la consolation. J'veux oser, pas me résigner. Mais c'est pas des moineaux qui se libèrent d'entre mes bras, mais des cafards et des blattes d'entre mes lèvres.

Je m'accoude à ma réalité, les yeux bandés par ma rationalité pathétique. Je crois qu'on est tous, chacun, en quête d'une chose, absolue ou relative, un idéal ou bien un désir minimaliste. Je crois que c'est pour cela qu'on voyage, pour cela qu'on ouvre un livre, qu'on va parler à un inconnu, qu'on allume sa télé, ou qu'on sort dans la rue. Nous sommes en quête, ou en attente. Attente passive ou espoir furieux, que l'improbable traverse soudainement notre matrice si continue, si machinale. Car même si on peut redouter, voir fuir l'inédit, c'est d'évidence que c'est ce qui nous procure ce plaisir si bouillant qui nous persuade à vivre.
Tout me semble si complexe, les relations si ambiguës, les événements si profond et lourd de conséquences.

Tu sais, je suis nostalgique de tes draps, et chacune de tes tâches de rousseur me manque. Et nos rires qui gobent le temps. Tout est là, ça fond de chacune de mes syllabes comme la cire transpire des bougies. Et ça prend le large. Putain est-ce comme ça que ça se finit ? Pour notre alchimie d'épidermes vifs et de sentiments exacerbés, c'est con. Con, qu'on ne regarde que trop tard en arrière, avec lucidité et.. puis merde, je l'effacerais bien un jour de ma mémoire, je me refuse à céder à cet apitoiement. Cœur camé, cramé, cané. C'est cyclique, freudien, œdipien, tout ce que tu veux, ce que je sais, je m'auto-persuade de le savoir. Et je sais que toi aussi tu le sais. Que toi aussi tu le fais. Alors on fourre tout, discrètement, aux fonds de nos chiottes introspectives.

J'essaie de lui écrire quelque chose. Ça fait 2 heures que j'essaie et je sais pas, j'y arrive pas. J'arrive pas à trouver les mots justes, sans paraître trop, ou pas assez. J'veux pas qu'elle ressente de la pitié ou de la culpabilité, juste, j'aimerai j'en sais rien une sorte de reconnaissance, ouais de la reconnaissance, que j'existe pour elle quand même. Que j'ai existé, peut être, au moins. Mais les feuilles toujours trop blanches, finissent en boules froissées au fond d'ma corbeille. J'aimerai juste lui dire : « P'tain, j'ai besoin de toi ». Mais l'espoir est une guimauve male-baisée, et jamais j'irai lui parler, j'risquerais d'lui briser sa nouvelle vie. Alors j'me nourris encore et encore de noirceur, de fureur et de schizophrénie, l'âme cramée, collée sur une photo de famille volée à des gens heureux. J'continue ma mort lente.

Alors les mecs, nouez bien votre cravate, la pluie est rose fluo, je vois flou, et j'ai la télécommande de la bombe A entre les mains, ça va chier des bulles psychédéliques de toutes les couleurs, amen.

Pas de conclusion.

P O U R I S S E M E N T